La communication éthique est nécessairement politique

Entrepreneuriat éthique

Une communication vraiment éthique peut-elle faire l’impasse sur les enjeux politiques et systémiques desquels nous dépendons dans notre vie professionnelle ? C’est une réflexion qui occupe mes pensées depuis plusieurs mois, et que j’avais envie de vous partager ici.

Je prône une communication éthique, mais je ne parle pas de politique dans ma sphère professionnelle”. Cette phrase, je la lis et l’entend souvent. J’ai moi-même été de celles qui la prononçaient 😉.

De nombreuses entrepreneuses (qu’elles soient artisanes, prestataires de services, thérapeutes) revendiquent clairement une communication plus éthique et responsable : en utilisant l’écriture inclusive, en refusant les pratiques marketing agressives, en utilisant des outils plus responsables, en optant pour une prospection consentie, en travaillant l’accessibilité de leur site internet, etc. C’est une démarche qui témoigne déjà de leurs engagements.

Néanmoins, encore rares sont celles qui osent aborder les aspects systémiques et politiques auxquels nous sommes confrontées quotidiennement, tant dans notre vie personnelle que professionnelle.

Or, mes réflexions de ces derniers mois m’ont convaincue d’une chose : on ne peut pas isoler la communication éthique d’un discours politisé. Bien au contraire : c’est ce discours engagé qui donne toute sa crédibilité à nos valeurs et à nos engagements.

Pourquoi la politique a sa place dans nos activités (et surtout dans notre communication)

Mettons au clair une chose : avoir un discours politisé ne revient pas à dire pour qui vous votez, ni à tenter de convaincre votre audience d’adopter telle ou telle opinion partisane. 😊
Trop souvent, la politique est réduite aux partis, aux élections et aux polémiques des candidat·es : ce n’est pas ce qui nous intéresse ici.

À travers la politisation de votre communication, il s’agit avant tout d’éclairer vos choix, vos prises de position, vos engagements, votre vision du monde, et d’où vous venez.

La politique, c’est aussi l’ensemble des choix qui touchent notre organisation collective : la répartition des ressources, la préservation du vivant, les droits auxquels nous avons accès, les libertés fondamentales qu’on protège (ou pas). Et qui touchent de près les valeurs engagées que nous voulons défendre dans nos activités.

Ces dynamiques systémiques impactent tous les aspects de nos activités professionnelles. Alors, pourquoi faire comme si elles n’existaient pas ? 😊

Dépolitiser un problème, c’est l’individualiser

Refuser de parler « politique », c’est souvent nier une grande partie des problèmes et difficultés rencontrés par notre audience et nos clientes. C’est participer à faire peser la responsabilité uniquement sur l’individu, plutôt que sur un problème systémique. Et si vous êtes déjà sensibles à la communication responsable, vous n’avez certainement pas envie de ça 🤗 (cf les posts culpabilisants qu’on déteste, du style : « Si tu n’arrives pas à atteindre tel objectif, c’est que tu n’es pas assez ci, que tu ne fais pas assez ça », alors que nous n’avons pas toustes les mêmes capitaux et privilèges).

Quand un contenu aborde la charge mentale, le syndrome de l’imposteur, la précarité d’indépendante ou la difficulté à se rendre visible sur les réseaux sociaux… et qu’il reste au niveau du développement personnel : il fait porter à l’individu un poids qui est aussi (voire avant toute chose) structurel.

Repolitiser son discours pour une communication vraiment éthique et responsable

Repolitiser son discours et sa communication, c’est apporter un éclairage sur les sources des problématiques de nos clientes (ou les nôtres) et relier le vécu individuel au contexte collectif :

  • Parler de la charge mentale des entrepreneuses → C’est aussi intégrer pourquoi les femmes, et plus encore les mères, en portent historiquement et socialement davantage pour le foyer. Pas seulement comme un problème d’organisation.
  • Aborder le body positive → C’est aussi nommer le patriarcat et la culture des régimes comme systèmes oppressifs. Pas seulement comme un problème de regard sur soi.
  • Encourager à « oser enfin fixer des tarifs justes » → C’est aussi interroger pourquoi les métiers historiquement féminins et ceux du care restent structurellement sous-valorisés. Pas seulement aborder un manque de confiance en soi.
  • Valoriser la liberté d’entreprendre → C’est aussi nommer l’absence de filet social pour les indépendantes et une précarité générale. Pas valoriser une success story de digital nomad à Bali qui fait 10k par mois en 3h par semaine.
  • Etc, etc.

Alors, une communication vraiment éthique peut-elle faire l’impasse sur les enjeux politiques, systémiques et structurels qui influencent nos activités au quotidien ? Je ne pense pas, car ces enjeux déterminent nos ressources, notre sécurité financière, nos droits et nos conditions de travail.

Selon moi, la communication éthique ne devrait pas taire ces réalités, mais devrait au contraire participer à les visibiliser, pour que l’on puisse collectivement faire évoluer les choses.

Besoin d’inspiration pour réfléchir à comment intégrer ces réflexions dans ta communication ? Voici quelques entrepreneur·es que je te conseille de suivre : Tania Entreprend Autrement ; Thomas Burbidge ; Lucile Moodentrepreneurs ; Laura Besson ; Juliette The Last Quiche ; Clémentine Les Optimalistes ; Jade Tonga ; Milena Anelym ; Gwen Ecorédactrice ; Cécile Commonaccess ; Anne Favier Barthelery ; Steffi Lala … (la liste est longue !)

Envie d’aller plus loin dans les formes concrètes d’engagement ?
Je vous en parle dans cet article sur comment vraiment incarner vos valeurs d’indépendantes.

HELLO !

Moi, c’est Lucie

Depuis 2019, je suis la graphiste éco-responsable des entrepreneures sensibles, introverties, engagées.

J’accompagne celles qui veulent une identité visuelle alignée avec leurs valeurs et leur activité sans faire de compromis entre esthétique, stratégie et éthique.🌷

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